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15/08/2026

... ma balance a penché sur la gauche

Quand la spiritualité nourrit la peur...

Beaucoup de personnes se tournent vers la spiritualité pour chercher des réponses. Le fonctionnement actuel du monde, dissonant, incite les gens à regarder ailleurs, à chercher des espaces de paix, de bienveillance, de bien-être.

Seulement, ces espaces sont souvent trouvés ailleurs qu'en soi. Bien que rassurants pour un temps, ces cocons peuvent alors devenir des prisons dorées.

Il y a quelques années encore, à l'intérieur de ces refuges, on pouvait trouver une spiritualité pleine de strass et de paillettes qui annonçait avec aplomb que l'âme était venue apprendre à travers la souffrance et que, par conséquent, les épreuves étaient écrites ; que le véritable amour s'apparentait à trouver sa flamme jumelle ; que certaines épreuves étaient le résultat d'une ancienne vie dans laquelle on avait été « méchant » ; ou encore que, même si tout allait mal sur Terre, il ne fallait pas s'inquiéter puisque des vaisseaux viendraient à notre secours... Et j'en passe.

Tout un tas de concepts ôtant à chacun sa responsabilité quant à sa propre guérison, le tout sous une forme d'immaturité spirituelle.

Aujourd'hui, comme chaque fois que la balance penche vers un extrême, une autre forme de spiritualité voit le jour : celle de l'ombre et de la peur.

Se sentant en sécurité seulement à l'intérieur de ces cocons, certains ont fini par voir le mal partout en dehors.

Un événement astronomique devient un portail dangereux. Une période difficile se transforme en attaque énergétique. Une éclipse annonce une catastrophe. Au final, tout ce qui vient de l'extérieur devient suspect, voire dangereux.

Pourtant, l'extérieur est un projecteur de l'intérieur.

Le négatif attire parce qu'il vient directement nourrir nos peurs. Et plus une personne porte en elle des peurs et des blessures non résolues, plus elle risque de se laisser attirer par ce qui vient les réveiller.

Elle pense chercher des réponses, comprendre ce qui se passe autour d'elle, mais finit parfois par nourrir inconsciemment ses propres peurs.

Certes, il existe des choses que nous ne comprenons pas et des réalités qui nous échappent. Mais reconnaître cette part de mystère ne signifie pas voir le mal partout.

La véritable spiritualité devrait justement nous conduire à identifier ce qui, en soi, n'est pas aligné. À nous demander quelle part de nous attire ou nourrit ces énergies et ces pensées lourdes, plutôt que d'en chercher systématiquement la cause à l'extérieur.

À force de chercher le danger partout, on finit toujours par le trouver, même là où il n'existe pas.

On peut sortir d'une matrice pour entrer dans une autre sans même s'en rendre compte.

Certaines personnes pensent s'être totalement libérées des croyances collectives parce qu'elles ne croient plus aux discours officiels, aux institutions ou aux religions. Mais elles ont parfois simplement remplacé un système de croyances par un autre, tout aussi dogmatique.

Avant, il fallait craindre Dieu, l'enfer ou la punition. Aujourd'hui, il faut craindre les portails, les entités, les basses fréquences, les attaques énergétiques, les dates, les éclipses, les planètes...

Les mots ont changé, mais la peur est la même.

Pourtant, une véritable évolution intérieure nous amène progressivement à avoir moins peur, et non davantage. Plus on apprend à se connaître, plus on développe son discernement, plus on devient capable d'observer quelque chose sans immédiatement lui attribuer une intention malveillante.

Tout n'est pas une attaque ! Non, tout ne parle que de soi !

La vie nous confronte à ce que nous devons regarder en nous, plutôt que de chercher un responsable à l'extérieur.

Être spirituel, c'est réussir à faire le lien entre le Ciel et la Terre. C'est ressentir sans perdre son bon sens. C'est accepter qu'il existe des choses que l'on ne comprend pas sans remplir chaque espace inconnu avec nos propres peurs.

Car lorsque l'on nourrit continuellement le sombre, même sous prétexte de le combattre, il finit par prendre toute la place.

Assurément, si une spiritualité nous apprend à avoir peur de tout, à nous méfier de tout et à chercher constamment autour de nous ce qui pourrait nous nuire, peut-être est-il bon de se demander si elle nous libère réellement...

Car, finalement, la spiritualité strass et paillettes et cette nouvelle spiritualité de l'ombre semblent opposées, mais elles ont un point commun : toutes deux cherchent en dehors ce qui devrait d'abord être regardé en dedans.

L'une nous invite à attendre que quelque chose ou quelqu'un vienne nous sauver. L'autre nous invite à croire que quelque chose ou quelqu'un cherche à nous nuire.

Dans les deux cas, notre pouvoir est placé ailleurs qu'en nous.

Aucune de ces spiritualités n'incarne finalement la voie du juste milieu.

12/08/2026

... j'ai nettoyé mes lunettes pour l'éclipse

Toutes les polémiques liées à l’éclipse ont mis en lumière, et c’est peut-être là qu’on s’y attendait le moins, l’ombre qui règne parfois dans le domaine spirituel.

Cette nouvelle spiritualité, véritable nid de croyances, d’idéologies et de fausses lumières, se revendique comme une voie de liberté du corps, du cœur et de l’esprit. Pourtant, elle finit parfois par s’apparenter à un dogme hermétique, tout en alimentant des égrégores négatifs.

J’ai vu tellement de publications alarmistes concernant l’éclipse... des personnes conseillant de se calfeutrer (comme si un volet pouvait nous protéger des énergies...) ; d’autres affirmant que cet événement serait une manipulation (depuis quand l’être humain contrôle-t-il le cosmos ?) ; ou encore que les lunettes permettant d’observer l’éclipse allaient modifier le cerveau (oui j'ai lu cela à plusieurs reprises...). Et tout cela provenait de pages dites spirituelles…

J’ai également lu, à d’innombrables reprises, que seuls les "éveillés" voyaient clair dans ce jeu, tandis que les "endormis" regarderaient naïvement l’éclipse.

Bien souvent, un même article était partagé en masse pour appuyer ces affirmations. Il suffisait que son auteur soit un tant soit peu connu pour qu’on lui prête allégeance, sans prendre le temps de remettre en question ce qui y était écrit. Le tout, évidemment, accompagné de fausses images générées par l’IA, histoire de donner plus d'impact aux propos véhiculés.

Et il y a un autre phénomène qui mérite d’être souligné, une grande partie des publications consacrées à l’éclipse semblent être rédigées par IA. Certains textes sont d’ailleurs très reconnaissables : des émoticônes à chaque ligne, des développements interminables, une construction très scolaire.

Est-ce cela la spiritualité aujourd’hui ?

Un flot discontinu de croyances. Des peurs véhiculées par de fausses images. Des pseudo-médiums affirmant détenir la vérité. Des pseudo-gourous se considérant comme "éveillés". Des pages dites spirituelles qui se contentent de partager des textes générés par IA, parfois sans même les questionner.

Est-ce cela, la spiritualité ?

Évidemment que non.

La spiritualité invite chacun à tracer sa propre voie, à écouter la voix qui résonne en soi, à expérimenter avant de transmettre. Mais surtout, elle invite à douter, à questionner et à remettre en question ce qui nous est présenté comme vérité.

Nous créons notre réalité à chaque seconde, et l'impulsion première est la pensée. Or nos pensées sont constamment influencées par nos expériences, nos rencontres, nos lectures, les personnes que nous écoutons et les contenus que nous consommons.

Alors, que penser de ces textes alarmistes, parfois entièrement générés par une IA, que l’on s’approprie tels quels, sans recul ni discernement jusqu’à leur donner suffisamment de pouvoir pour qu’ils deviennent notre propre réalité ?

Et si cette éclipse était, finalement, une forme de mise à jour spirituelle ?

Lorsque certains y voient une manipulation gouvernementale, ne sommes-nous pas également invités à mettre en lumière la manipulation spirituelle ?

Oui, à l’aube de changements divers et variés, les masques tombent de tous les côtés. Les certitudes sont bousculées, les croyances révélées, les discours confrontés à leurs propres contradictions.

C’est en partie ce que cet événement vient nous chuchoter.

10/08/2026

... je me suis éclipsée

Comme vous le savez, ce mercredi 12 août aura lieu une éclipse.

Et depuis quelque temps déjà, diverses guidances, intuitions, canalisations, visions et autres interprétations, plus ou moins inspirées, fleurissent un peu partout.

Certains tirent les cartes, d’autres affirment canaliser des « guides », d’autres encore prétendent savoir ce qui va se produire. Bref, chacun y va de son ressenti, de sa lecture, de sa vérité.

Et comme souvent, les réseaux sociaux deviennent une vaste foire où tout et son contraire coexistent. Un même événement peut ainsi être présenté comme une formidable opportunité de transformation par les uns, et comme une période particulièrement dangereuse par les autres.

Le tout est généralement accompagné d’une "fausse" image générée par l’intelligence artificielle...

Concernant l’éclipse du 12 août, les échos que l’on peut lire ici et là sont particulièrement négatifs. Les énergies associées à cette journée seraient néfastes, lourdes, voire toxiques. Et sous ces publications alarmistes apparaissent une pluie de commentaires allant dans le même sens, dont voici quelques exemples :

Cette éclipse est négative, les lunettes proposées sont un piège, regarder l’éclipse c’est accorder son attention à l’ombre, les observateurs vont plonger dans le chaos... Et j’en passe.

Je ne vais pas donner ici mon avis sur ces différentes interprétations car chacun est libre de croire ce qu’il souhaite, seulement, j'invite toutes et tous à se demander ce qui se cache derrière ces croyances. 
Que se passe-t-il en nous lorsque nous adhérons à ces discours alarmistes ? Que nourrissons-nous lorsque nous partageons ces publications, lorsque nous les commentons, lorsque nous les validons ?
 
N'oublions pas que nous créons et alimentons notre réalité via nos pensées, paroles et actions. La vie est, par conséquent, la somme de nos émotions, projections et croyances. 
Si nos projections nous définissent, que viennent nous murmurer toutes ces publications alarmistes auxquels nous donnons foi ? Que disent-ils sur ce qui nous habite ? 
 
En réalité l’éclipse ne fait que passer ; ce que nous projetons sur elle, en revanche, nous appartient.

Si nous redoutons une période d’obscurité, quelle part de notre soi avons-nous peur de rencontrer dans l’ombre ? Si nous pensons qu’un événement extérieur peut nous atteindre, qu’est-ce que cela révèle de notre propre rapport à la sécurité ?

Chaque événement n’est qu’un miroir, un support sur lequel chacun projette son propre imaginaire, ses croyances, ses peurs et ses espoirs.
 
Ce dont je suis certaine c'est que pour certains cette éclipse sera un moment pénible, et pour d'autres un instant exquis, de par la loi de résonnance.
 
En langue des oiseaux, éclipse devient "elle éclipse". Ou encore "elle clipse".

Car l'éclipse ne fait pas disparaître la lumière, elle la masque momentanément. Elle nous met alors face à notre propre ombre, tel un miroir.

Quelles sont les parts de nous que nous préférons ne pas regarder ? Quelles peurs sont projetées sur cet événement ? Quelles croyances nourrissent notre réalité ?

Et si "elle éclipse" devenait une invitation à regarder en soi ce que nous refusons de voir ? Quelles croyances limitantes sont-elles "clipsées" à nous ?