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15/03/2018

... j'ai perdu le contrôle

Etre dans le contrôle revient à refuser de vivre, car contrôler signifie s'accrocher, enfermer, posséder, ce qui va à l'encontre des grands principes de la vie, et plus nous tentons de contrôler les choses, le temps, les personnes, notre corps, notre image, les événements, plus l'angoisse nous habite, car en réalité la vie ne peut être contrôlée, elle se vit, tout simplement. Contrôler nous vide d'énergie et nous éloigne du moment présent.

Il suffit d'imaginer une personne en retard à un rendez-vous important, qui regarde sa montre toutes les 3 minutes avec l'angoisse qui monte d'un cran à chaque seconde qui passe. Son retard la projette partout sauf dans le moment présent, dans un premier temps dans le futur, car elle se voit déjà arriver en retard, elle s'imagine trouver une excuse pour cet incident, elle est stressée à l'idée de l'image que l'on se fera d'elle, elle visualise le pire et entretient ainsi l'angoisse, la peur, la colère... Elle passe également de longues minutes dans le passé, en se disant qu'elle aurait dû partir plus tôt, prendre un autre chemin, ne pas converser avec son voisin avant son départ, elle cultive donc la culpabilité, les remords, l'anxiété ...
Pourtant, ce qui est EST, alors autant se recentrer, s'ancrer dans le moment présent et accepter la situation qui nous échappe. Car contrôler nous fait agir sans réfléchir puisque l'on se déconnecte de notre cœur, ainsi, cette personne en retard pourrait se mettre à conduire trop vite, à agresser des personnes qui la retardent davantage, et comme elle n'est pas ancrée dans le moment présent elle pourrait commettre un accident.

Nous tentons tous, à divers niveaux, de contrôler.

Ce qui constitue la clé la plus importante de notre libération est la prise de conscience de ce besoin de contrôle. En effet, on ne peut guérir ce que l'on refuse de voir, ainsi, dès lors que nous constatons ce déséquilibre la transformation a déjà commencé.

En toute logique, l'inverse de verbe contrôler est le lâcher-prise.
Comprenons que rien ne se contrôle réellement, le contrôle est une illusion qui rassure, mais en réalité la vie est incontrôlable, la vie est comme un cours d'eau, elle coule. On peut essayer de créer un barrage sur un cours d'eau mais l'eau trouvera toujours une solution pour continuer, soit elle creusera le sol, soit elle débordera sur les côtés pour passer, et plus nous tenterons de barrer son chemin/contrôler, plus l'eau sera destructrice car usera de force pour circuler. Ainsi, plus une personne tente de contrôler, plus elle se blesse au final.

Nous contrôlons pour nous rassurer car le contrôle est une recherche de sécurité, pourtant, cela produit l'effet inverse, puisqu'en contrôlant on génère du stress, de l'anxiété, des difficultés à rester dans le moment présent... Plus on a peur plus on est dans le contrôle, et plus on contrôle plus on génère de quoi avoir peur, il est donc nécessaire de sortir de cette spirale.
Pour cela, il faut passer du contrôle à la maîtrise, en effet, on ne peut contrôler les événements extérieurs, cela n'a jamais été possible, mais nous pouvons apprendre la maîtrise de soi, celle qui est salutaire et bénéfique, qui rassure et qui soigne. Maîtriser signifie être maître de son intérieur, et celui qui devient maître n'a plus peur de facteurs externes.

Pour revenir à mon exemple, cette personne en retard, si elle était maîtresse d'elle même, resterait centrée en son cœur, elle ne serait pas stressée car ses émotions n'auraient pas de prises sur elle, elle serait assez sage pour comprendre qu'on ne peut lutter contre ce qui est, par conséquent elle accepterait la situation comme elle vient et aurait la capacité de s'adapter. Arrivée à son rendez-vous elle s'excuserait, tout simplement, car elle comprendrait que ce sont des choses qui peuvent arriver, et s'il y avait des conséquences négatives suite à son retard, elle se dirait qu'il devait en être ainsi. Elle ne vivrait ni dans les regrets, ni les remords ou le stress, ni avec la peur au ventre. Elle saurait qui elle est : maître de sa vie, et n'accuserait rien ni personne pour ce qu'elle vit et traverse, car la maîtrise est aussi synonyme de connaissance, d'attitude responsable, de sagesse, de lâcher-prise, de liberté.

C'est un sacré travail de passer du contrôle à la maîtrise, mais cela est si bénéfique qu'il serait bien dommage de passer à côté !

Comme l'a dit Lao Tseu : "La maîtrise d'autres fait la force. La maîtrise de soi-même est le vrai pouvoir."

06/02/2018

... j'en ai pris pour mon grade

 

Rire est un merveilleux remède que l'on tend souvent à oublier.
Nous avons la fâcheuse habitude de dramatiser, de faire des montagnes de tout, de prendre sur nous, de nous plaindre, et en agissant de la sorte nous nous enlisons dans des sables mouvants. 
Pourtant, quand nous repenserons à nos expériences du moment dans 1 mois, 1 an, 10 ans, elles ne seront rien de plus que des grains de sable dans le désert, alors pourquoi s'inquiéter plus que nécessaire et dramatiser quand cela est inutile.

Lorsque j'étais enfant j'avais de grosses difficultés scolaires, c'était dur à vivre.
J'ai été élevée par un père alcoolique, j'avais honte et étais en colère pour cela.
J'ai perdu mon travail alors que j'avais trois enfants en bas âge, j'avais peur pour l'avenir.
Je me suis séparée tôt et ai élevé mes 3 premiers enfants seules, avec des hauts et des bas.
J'ai connu les difficultés financières, cela me stressait.
J'ai mis 10 ans à pouvoir offrir de vraies vacances à mes enfants, cela me peinait. 
Mon fils a été percuté par une voiture il y a quelques années, j'ai traversé mon pire cauchemar.
J'ai vécu pendant 3 mois avec une âme errante, je n'en dormais pas la nuit.
Et j'en passe...
Parfois, il m'arrive encore des situations pénibles, et je fais au mieux pour les traverser.

Car, comme tout le monde ma vie est faite de hauts et de bas, d'expériences merveilleuses et d'autres moins joyeuses. Comme tout le monde j'ai parfois souffert, mais, je n'ai jamais dramatisé ! Le fil rouge qui regroupe toutes mes expériences pour en faire un beau chemin sur lequel je continue d'avancer est ma capacité à en rire.

Je me souviens d'une remarque que l'on m'a faite il y a quelques années : "Quoi que tu vives tu ne te plains jamais !"
Mais, ma vie est le fruit de mes choix passés, alors pourquoi me plaindre de cela ou encore culpabiliser ? D'ailleurs, en quoi me plaindre changera ce qui est et ce que j'ai traversé ? J'aime ma vie, je l'adore, et mes expériences douloureuses en font partie. En se plaignant nous rejetons notre part de responsabilité de ce grand tout qui forme notre vie, et c'est bien dommage.

Mais, ce qu'il y a de plus merveilleux encore, au delà d'accepter notre vie dans son intégralité, c'est d'en rire !
Car même si mes écrits sont plutôt sérieux, même si j’aborde des thèmes parfois graves, je ris de tout et surtout de moi même. Je tourne toutes mes expériences en dérision. D'ailleurs, je sais qu'une expérience n'est pas digérée lorsque je n'arrive pas encore à en rire, ou du moins en sourire.

Aujourd'hui je ris quand je me revois à l'école, collée au radiateur, baissant la tête pour ne pas que l'on m'interroge sur mes leçons. 
Aujourd'hui je ris avec mes sœurs quand nous parlons de notre père et de ses grosses gaffes passées et surtout à venir.
Aujourd'hui je ris quand je repense à ma période de chômage qui m'a menée sur ce merveilleux chemin que j'emprunte maintenant. 
Aujourd'hui je ris quand je me remémore mes années seules avec mes enfants et ce bonheur incommensurable que m'a apporté la solitude. 
Aujourd'hui je ris quand je pense aux 400 coups que m'a fait Henry, l'âme égarée qui est venue toquer à ma porte en 2013 et a précipité mon éveil spirituel.
Aujourd'hui je ris quand je vois que tous mes choix étaient parfaits alors que j'en doutais tellement.
Et si parfois l'expérience ne me fait pas vraiment rire, comme pour ce jour où mon fils a été renversé, j'y mets tout de même une dose d'humour, et aujourd'hui je suis capable de dire à mon fils : "mon cœur, plus jamais tu ne te jettes sous une voiture !". Cela peut paraître brutal vu de l'extérieur, mais nous avons l'habitude d'utiliser l'humour pour dédramatiser, le rire est notre plus grande force et je suis heureuse de partager ces éclats de rire avec les miens, car j'ai également appris à mes enfants à rire d'eux même dans la mesure du possible, à ne pas faire des montagnes des petits tracas du quotidien. Pourquoi toujours vivre sous pression, dans le stress ou l'angoisse, alors que d'autres choix sont possibles ? Quand des drames il n'y a pas, pourquoi en faire toute une histoire ?

Ainsi, toutes nos expériences deviennent humour !

Par exemple, le père de mes trois premiers enfants a la fâcheuse tendance à faire des promesses non tenues, au début cela les blessait évidemment, alors, pour dédramatiser nous en avons fait un jeu, ainsi, quand leur père dit quelque chose que très certainement il ne fera pas, nous lançons les paris : qui pense qu'il le fera et qui dit le contraire ? Et nous rions du résultat. Cela n’enlève pas totalement leur déception, mais cela la minimise fortement. C'est une bonne chose de faire des ces enjeux des petits jeux.
Rions, rions dès que cela est possible et dédramatisons. Rire c'est lâcher prise, rire c'est guérir, d'ailleurs n'entendons-nous pas "gai rire" ?

Je me souviens du regard abasourdi de mon compagnon, lorsqu'en conduisant je me suis mise en colère contre un automobiliste, puis, dans la seconde qui suit, toute seule j'ai éclaté de rire ! Pourquoi ? Parce que le rire chasse la colère, et le simple fait de me mettre en colère pour si peu de chose était tellement risible que j'ai éclaté de rire en tournant en dérision ma propre réaction. J'adore rire de moi même et de la vie ! Aujourd'hui mon compagnon y est habitué, il me voit passer de la colère aux rires dans la minute qui suit.

Il en est de même pour mon ego, je l'appelle gremlins quand il tente de s’imposer, et le simple fait de le nommer ainsi est tellement rigolo en soi qu'il n'a plus de prise sur moi ! Le rire met immédiatement fin aux conflits. L'ego peut s'apprivoiser par l'humour car l'humour est une façon de lâcher prise, de ne pas tout prendre trop au sérieux et d'en faire une maladie.

Bien entendu, certaines expériences sont si douloureuses qu'aucun humour ne peut les panser, mais dans tous les autres cas, utilisons notre rire ! J’insiste mais dédramatisons ! C'est incroyable comme nous avons tendance à dramatiser, à amplifier, à "subir". S'il n'y pas de drames il n'y a pas de quoi dramatiser non ? Ajouter une touche de légèreté et d'humour au quotidien apaise bien plus de tensions qu'on ne le pense.

Et n'oublions pas qu'une expérience dont on arrive à rire est une expérience acceptée et digérée, ceci est une bonne indication de ce qui nous pèse encore aujourd'hui.

 

08/08/2017

... j'ai grimpé à la corde

Lorsque nous souhaitons nous débarrasser de nos blessures anciennes nous commettons bien souvent l'erreur de renier notre passé, passé rattaché à la blessure. 
Pourtant, désavouer son passé revient à rejeter une partie de soi, en effet, notre chemin de vie n'est pas discontinu, il est une ligne constante qui contient notre passé-présent-futur. On ne peut donc en rejeter une partie sans rejeter ce que l'on est. En effet, notre chemin de vie c'est nous, il représente et contient notre incarnation, nos expériences, nos bonheurs, nos blessures, nos rencontres... Et nos blessures sont des graines sur lesquelles ont germé nos habitudes, nos croyances, nos enfermements... donc notre chemin de vie.

Quand une épreuve passée a laissé des traces en nous, nous préférons parfois rejeter l'expérience, afin de nous protéger et ne plus y penser, mais, de cette façon, on ne se sent pas complet car nous avons laissé une partie de nous de côté, de plus, c'est une partie de nous qui souffre, qui a besoin d'amour et de réconfort. Cela créé alors un large éventail d'émotions lourdes et parasites telles que la culpabilité, la peur, la colère, l'angoisse... mais surtout, cela créé une division intérieure, avec une voie qui n'est plus vraiment claire et évidente puisque cette voie on l'a cisaillée.

Prenons l'exemple d'une corde, lorsqu'il y a un nœud sur une corde que l'on souhaite défaire, si l'on prend une paire de ciseaux dans le but de le couper pour s'en débarrasser, la corde se divise en deux, alors le fil/chemin devient double et confus. Cela donne naissance a des gens qui semblent être égarés, perdus, qui éprouvent des difficultés à connaître leur mission ici bas, car, comprenons que nos expériences passées ont justement pour but de nous délivrer des clés pour la suite. Rejeter une expérience revient à jeter la clé. Couper un nœud ne le défait pas.

Pour enlever un nœud correctement, sans violence ni douleur, il faut le défaire avec paix, amour et douceur. Pour cela, il est efficace de voir le chemin qu'a pris le fil et à quel endroit il faut agir, défaire, déconstruire. Donc, accepter l'expérience/nœud, la mettre en lumière et s'en défaire en comprenant qu'elle est elle aussi un morceau du chemin de vie/corde, et qu'elle possède une portée évolutive.

Par ailleurs, nul besoin de tirer et s'acharner sur les deux bords de la corde pour défaire un nœud, car plus on tire, plus le nœud se resserre. Moins on lâche-prise et plus on on se bat contre le nœud, plus l'expérience se fait présente et douloureuse. Encore une fois, le travail doit être fait avec douceur et amour. Le pardon, à soi même et l'autre, permet de ne plus tirer sur la corde et prendre son temps pour défaire le nœud.

Ainsi, nos épreuves sont tels des nœuds sur une corde, il ne faut pas trop s'y accrocher ou tirer dessus (cela créé une focalisation qui empêche de voir au-delà de l'expérience), ni faire comme ci ils n'étaient pas là (cela donne naissance à une division intérieure). Nous devons trouver le juste milieu entre ces deux extrêmes : accepter sans se focaliser.

En réalité, l'ancien doit toujours être accepté car il est ce qui sert d’impulsion au changement. Rien ne meurt jamais mais tout se transforme, il faut donc apprendre à devenir d'apprentis alchimistes et transformer le négatif en positif, le nœud en clé, le plomb en or. 
Seul l'amour peut faire ce travail de transformation intérieure et extérieure, car seul l'amour transcende ce qui est, alors, aimons nos armures car nous en avions besoin à un moment donné, aimons nos maux, nos défauts, car tout est parfait et tout a une raison d'être, aimons nos épreuves car elles sont des enseignements. 
Ne rejetons rien, au contraire, servons nous de ce qui ne nous convient plus, de ce qui n'est plus nous, pour nous rapprocher du véritable Je Suis. Utilisons nos expériences pour nous définir, car une expérience qui nous instruit est une expérience qui ne fait pas de nœud sur notre chemin de vie, elle devient au contraire un merveilleux pont, un raccourci sur notre chemin de vie.

Je termine par cette jolie phrase d'Abraham :
"Ces vieilles habitudes ne doivent pas être effacées, juste remplacées par une nouvelle habitude plus en harmonie vibratoire avec qui vous êtes et ce que vous voulez."

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