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18/12/2019

... j'ai passé le relais

Une petite expérience que je vous partage, car elle est très parlante.

Je suis actuellement face à un souci concernant la scolarité de mon fils. Pour faire court, mon fils âgé de 15 ans est scolarisé dans un lycée situé dans un quartier de la ville "en guerre" avec le nôtre, et, régulièrement à la sortie de l'école mon fils était menacé, jusqu'au jour où il a été agressé physiquement par quatre jeunes hommes.

Plus de peur que de mal car il va bien fort heureusement. C'était il y a deux mois de cela.

Bien sûr j'étais fâchée contre les jeunes gens qui ont fait cela, mais, je n'alimenterai pas cette colère, car je sais que les enfants et adolescents sont le reflet de notre monde, de notre société, de nos dysfonctionnements, ils répètent inconsciemment ce qu'ils voient, telle une histoire qui tourne en boucle et se répète sans fin. Élever les enfants dans le respect, la bienveillance, le partage, l'amour, n'est pas chose aisée dans un système qui prône le mensonge, la violence, l'individualité. Toutes ces petites guerres de territoire qui ont lieu dans ma propre ville et qui n'ont absolument aucun sens, ne sont que le reflet des grandes guerres qui sévissent encore aujourd'hui, en 2019, guerres que mènent les pays les uns contre les autres pour d'obscures raisons égotiques. L'enfant mime l'adulte, c'est ainsi, et, en grandissant il devient cet adulte qu'il a tant observé. Je ne vais pas m'étaler là-dessus car ce n'est pas le sujet de cet écrit, mais il faut comprendre que nous sommes tous responsables de ce qui se passe sur Terre, le positif comme le négatif.

Depuis cet incident déplorable j'ai tout bonnement interdit à mon fils de retourner en cours, cela fait donc deux mois qu'il est déscolarisé, et je suis aujourd'hui en conflit ouvert avec la direction de son lycée qui semble insensible à mon problème et préfère regarder ailleurs.

Pourtant, aujourd'hui, je préfère mettre en lumière mon rôle dans cette expérience, car rien n'arrive par hasard.

En effet, en toute honnêteté j'ai toujours détesté l'école ! Je ne peux pas dire que j'y suis indifférente, non, je hais le système éducatif ! Enfant, j'étais mauvaise élève, je rechignais à travailler, je ne voyais aucune utilité à apprendre des dates par cœur, je souhaitais rire et m'amuser, créer et fabriquer, et non rester assise toute la journée derrière une table à gratter du papier. De plus, je me suis très longtemps sentie "nulle" et "bête", à cause de mes notes médiocres, mais aussi du fait que je ne comprenais pas certaines matières comme les mathématiques, ou encore par rapport aux commentaires négatifs de certains professeurs à mon sujet. Je me définissais à travers mes notes, ainsi, un 2 sur 20 faisait de moi une enfant stupide et insignifiante. Sans parler de la violence entre enfants que je trouvais omniprésente dans les cours de récréation.

Aujourd'hui encore, je vois l'école à travers ce même œil, celui du jugement et de la négativité, à chaque fois que je dépose mes enfants à l'école j'ai un pincement au cœur. Je n'ai pas réussi à me réconcilier avec le système scolaire, je le rejette, le pointe du doigt et le juge très sévèrement.

Certes l'on pourrait me dire que j'ai de quoi le juger par rapport à ce que je traverse actuellement avec mon fils, mais, ce serait oublier mon rôle de créatrice !

Car, en entretenant en mon cœur cette colère contre le système scolaire, je ne fais que diffuser des énergies sombres et donner encore un peu plus de poids à ce qui ne va pas.

Cette colère, MA colère, je l'ai transmise inconsciemment à mes enfants, qui eux aussi éprouvent des difficultés à bien s'adapter à ce système.

Cette violence que je ressens en moi, ce combat que je mène contre l'école depuis mon enfance, toutes ces énergies négatives que je nourris, se matérialisent tôt ou tard et me reviennent tel un boomerang, car ce que l'on émet nous revient d'une façon ou d'une autre. A force de ne voir que la violence à l'école je la subis en retour, et mon fils aussi. Car mes enfants ont continué à alimenter ma pensée première, tels des relais.

Comme expliqué au début de ce texte, les enfants sont notre reflet, ils s'imprègnent de ce que nous émettons. Même si je m'abstiens de critiquer le système éducatif devant eux, ils ressentent ce que je ressens, nul besoin de mots pour cela.

Cette violence envers mon fils, cette direction si incompétente, ce système injuste, sont les reflets de MA vision de l'école. Cette violence que je ressens s'exprime dans la matière puisque les événements extérieurs sont le miroir de mon intérieur, l'Univers tel un écho me reflète ce que je projette.

Et pour venir mettre en lumière cela, ces émotions et cette colère qui m'habitent encore, se sont ajoutés des tas de petits tracas du quotidien ! Il y a quelques jours le pot d’échappement de ma voiture s'est brisé après avoir franchi un dos d'âne. Le dos d'âne incarnant mon problème/obstacle (d'ailleurs n’appelle-t-on pas "âne" les mauvais élèves ? Petite piqûre de rappel). Le pot d'échappement représentant ma capacité à transcender et nettoyer ce qui pollue mon intérieur/véhicule, celui-ci s'est brisé en deux, m'empêchant d'avancer, me suggérant de travailler sur ces émotions négatives qui m'encrassent afin de pouvoir poursuivre mon chemin sereinement. Puis, d'autres petits désagréments j'ai rencontré, preuves de mon manque d'alignement, car d'un esprit confus résultent des expériences confuses. Par exemple, une partie des exemplaires de mon dernier livre "le jour où je me suis retrouvée" m'est arrivée endommagée, détrempée. L'eau incarnant mes émotions blessantes, et ce livre retraçant mon histoire, mon chemin, le message est clair comme de l'eau de roche si je puis dire.

Je suis persuadée que si je parviens à avoir une vision plus positive de l'école je transcenderais ma colère. Même si je pense sincèrement qu'il y a beaucoup de choses à revoir, tout n'est pas à jeter, car la bienveillance avance, le système de notation disparaît peu à peu, des écoles "nouvelle génération" s'ouvrent chaque jour, les programmes scolaires s'assouplissent, le changement est en cours.

Il ne s'agit pas de faire l'autruche et voir le beau partout, non, mais de chasser la colère qui m'habite, cette colère qui tôt ou tard finira par créer ma réalité ! En effet, je dois pacifier mon intérieur pour assagir mon expérience, et il en a toujours été ainsi.

Et si le système tel que je le vois aujourd'hui ne me convient vraiment pas, que ma colère m'apparaît difficile à chasser, il m'appartient de m'éloigner de ce qui me blesse, et c'est en partie ce que j'ai fait en déscolarisant mon fils de ce lycée.

C'est à moi de porter le changement que je souhaite voir se manifester, et ce n'est pas sur l'énergie de la colère que la construction sera équilibrée. Non, il me faut regarder ce qu'il y a à transformer, sans juger ou rejeter, et travailler au changement en restant alignée et positive.

Aujourd'hui je me sais créatrice de mes expériences et chaque jour est un enseignement !

10:25 Publié dans alignement | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Bonjour Séverine,

L'école pour ma part, quand j'étais enfant m'a libérée, dénouée. Cela parce que j'ai rencontré des personnes ouvertes, bienveillantes envers les enfants. Il s'avère qu'elles étaient religieuses, mais bon, que cela ne vous bloque pas.
J'espère qu'il existe des personnes bienveillantes partout. Je sais quant à moi que celles que j'ai rencontrées dans cette école étaient portées par celui qu'elles aimaient, le "fameux" Jésus, les conduisant à porter plus particulièrement attention aux enfants en détresse. Elles y mettaient toute leur foi, et mon Dieu, comme je les trouvais rassurantes... et gracieuses !
Rencontrer des personnes qui ne vont pas forcément parler de leur religion, mais auront la foi qui transcende, voilà ce que j'espère pour votre fils qui déjà bénéficie de votre amour et n'est donc pas perdu.
Autre exemple : ma sœur n'est pas croyante, mais ses petits enfants étant hyper agressés en école "ordinaire", sa fille les a inscrits dans une école privée (ça coûte de l'argent, ce qui est dommage, l'école à mon sens devant être gratuite pour tous, mais avec les seuls sous de l'état, l'école pourrait fermer), toujours est-il que, les religieux prenant aussi les "sans religion" sous leur aile dans cette école, ne les embêtant pas avec des choses qu'ils ne sont pas prêts à recevoir (le christ etc.), les petits enfants de ma sœur ont retrouvé leur joie de vivre sans avoir à se convertir au catholicisme. De tout cœur avec vous.

Écrit par : Séverine | 18/12/2019

Merci pour ce retour, je vais commencé par travailler sur moi-même, et je suis certaine que le reste suivra :) Passer de la colère à l'amour

Écrit par : Emilie | 20/12/2019

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